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  Partage de bonnes pratiques . 2015, 07 Juillet . Bonne feuille . .

Un atelier à la fête de la science : une initiative grenobloise

stageEn voyant la fête de la science  dans notre centre en 2013, Élise a trouvé l’événement vraiment sympa mais… il manquait quelque chose… Était-ce le faible nombre de filles qui se comptait parmi les élèves ? Ou bien le fait qu’il y avait principalement « des grands » (des 1ère S en l’occurrence). Et si, finalement, c’était une combinaison des deux ? C’était décidé, il nous fallait faire quelque chose pour parler aux plus jeunes et essayer de les intéresser aux sciences en général et à l’informatique en particulier ! Et si ça se trouve, dans quelques années, on verra autant de filles que de garçons dans cette classe de 1ère S… L’idée était alors lancée, et nous avons décidé que l’année suivante, à la fête de la science du centre de Grenoble, il y aurait des ateliers de code pour les plus petits ! Mais pour organiser cela il ne fallait pas être toute seule, et Soraya, Ingénieur au service expérimentation et développement, était une coorganisatrice de choix.
Nous avons alors utilisé la mécanique de notre centre pour l’organisation de la fête de la science afin d’y ajouter ce projet. Mais il fallait tenir compte des contraintes liées aux horaires des classes et aussi du changement des rythmes scolaires qui intervenait pour la première fois cette année. Ce n’était pas facile. Alors pour assurer la participation et pour faire profiter de notre action aux établissements locaux, nous avons démarché nous-mêmes les écoles. Nous avons rencontré les enseignants des écoles alentour et discuté avec eux, en sachant que leurs classes pourraient se déplacer plus facilement que les autres. Cela dit, nous avons trouvé que les annonces sur le site internet Inria ou via les partenaires de la fête de la science à Grenoble ou même directement par nos collègues étaient un mode de diffusion très efficace. Par ce biais nous avons eu de nombreuses expressions d’intérêt. Malheureusement, les horaires et les jours étaient peu adaptés, ce qui ne leur permettait pas de donner suite. Cela dit, on se demande si on aurait pu tenir la charge tellement ce mode de diffusion est efficace !
Et finalement, quel succès ! Nous avons accueilli des classes de CM2 et de grande-section de maternelle sur 2 jours (une classe par demi-journée). Nous étions deux animatrices/organisatrices, Soraya et moi-même, plus une quinzaine d’accompagnateurs sur les deux jours, accompagnateurs bénévoles et motivés, issus de différents services et équipes de recherche d’Inria, dont la plupart n’avait jamais utilisé scratch, ni programmé.
Pour les CM2, tout d’abord, nous avons proposé un atelier créatif avec Scratch. La première partie de l’atelier était consacrée à la découverte de l’outil en manipulant et en montrant des exemples, puis nous les avons laissés créer leur propre projet : animation, jeu, histoire… à eux de choisir ! Enfin chaque binôme a présenté son ou ses projets à l’ensemble de la classe, dans une ambiance conviviale et bienveillante.
A notre grande joie, les enfants ont très vite adhéré à l’atelier, et ont pris en main Scratch assez facilement. Ils ont réussi à créer des projets vraiment intéressants en un temps somme toute limité et sont repartis ravis de leur matinée. Les projets ont été mis en ligne sur le studio consacré à cet atelier http://scratch.mit.edu/studios/589114/. Les élèves ont vraiment été réactifs, intéressés, et créatifs et nous gardons contact avec leur professeur afin de continuer la découverte de l’informatique et de la programmation en deuxième partie d’année scolaire.
Pour les enfants de grande section, c’était un peu plus sportif. Il nous fallait prendre en compte leur jeune âge qui implique à la fois qu’ils ne savent pas lire mais aussi qu’ils bougent beaucoup. Les activités doivent changer et capter leur attention. En revanche, ils sont très curieux et n’ont aucun complexe vis-à-vis de la manipulation de robots et d’objets informatiques. Nous avons donc proposé deux ateliers d’une heure chacun et séparé les classes en deux demi groupes, ce qui nous permettait de tourner sur les deux ateliers. Nous avions mobilisé les troupes pour ces ateliers afin que l’encadrement soit suffisant. Nous avions 7 à 8 adultes par demi-groupe de 14 enfants : animateurs, accompagnateurs Inria, parents, institutrice, ATSEM et nous n’avons pas chômé.
Le premier atelier utilisait le récent Scratch Jr http://www.scratchjr.org qui fonctionne sur iPad et depuis peu sur tablettes Android. Il permet aux enfants ne sachant pas encore lire d’utiliser les concepts de programmation et d’algorithmique à la manière de Scratch pour réaliser des animations. Il en ressort des projets amusants qui utilisent beaucoup les sons (enregistrés par les enfants qui ont bien vite maîtrisé la fonctionnalité) avec beaucoup de mouvements, la fonction de coloriage des « lutins » marche aussi très bien. Avec le recul et pour continuer sur notre lancée, nous pensons qu’il serait vraiment intéressant avec cette tranche d’âge et cet outil, de faire un projet sur plusieurs séances pour créer une animation plus construite, créer les décors, les personnages et le scénario, puis réaliser l’animation.
Le second atelier était centré sur la robotique et pour celui-ci nous avons utilisé deux types de robots :
–  Les robots Primo http://primo.io développés par une start up anglaise qui a fait récemment une levée de Kickstarter très réussie. En l’occurrence, nous avons utilisé deux prototypes de Primo, les versions commerciales n’étant pas encore finalisées.
– Un robot Thymio II de l’EPFL gentiment prêté par un collègue.
Nous avions donc 4 à 5 enfants par robot.
Avec les Primo, nous avons abordé les questions de séquence, de test, de réflexion préalable avant de se lancer sur la « programmation ». Ces robots sont très adaptés à cette tranche d’âge, faciles d’accès, sympathiques, ils permettent d’introduire des notions de base de manière ludique.
Avec le Thymio, nous avons observé les composants (les capteurs, les actionneurs) et comparé à un humain. Nous avons observé les différents comportements et essayé d’identifier ce que le robot faisait.
Nous avons réussi à capter leur attention sur cet atelier en leur faisant changer souvent d’activité. Idéalement,  il aurait fallu un robot pour 2 ou 3 enfants maximum afin que chacun puisse manipuler confortablement ; toutefois ils ont quand même pu comprendre un certain nombre de notions et ils en redemandent !
Par la suite nous sommes allés discuter en classe des robots, de l’informatique et de ses applications.
Cette expérience a été très enrichissante. L’intérêt des enfants et les retours extrêmement positifs des enseignants et des enfants nous motivent pour continuer.
Maintenant que la fête de la science est passée, on se dit qu’on aimerait vraiment remettre ça ! Et si possible avant l’année prochaine. C’est pour cela que nous envisageons de nous déplacer, avec nos ateliers, directement dans les écoles. Nous avons entamé des discussions avec les enseignants pour trouver le bon format et savoir de quel matériel nous aurions besoin. On aura bien des Thymio II, nous avons commandé des Primo mais pour Scratch ou Scratch Jr il faut des ordinateurs ou des tablettes et les équipements des écoles ne suivent pas toujours… Nous sommes donc à la recherche active de solutions pour trouver ou financer du matériel et nous explorons des pistes comme le prêt de matériel par le centre (comme les ordinateurs prêts à sortir du parc) ou bien la collaboration avec le réseau Canopé de l’académie de Grenoble pour accéder à des ressources matérielles dans le cadre de projets pédagogiques.
Nous conseillerions aux collègues qui veulent monter ce genre d’atelier pendant la fête de la science de travailler à plusieurs. C’est important de bien s’entourer et de se lancer avec du monde autour de soi pour gérer des questions inattendues. Pour nous, le fait d’être deux était capital, car cela nous a permis de nous relayer pour régler les problèmes qui se présentaient dans les ateliers mais aussi autour.
La suite des aventures de la médiation grenobloise dans l’enseignement du 1er degré, ce sont des ateliers robots en maternelle et un projet longue durée en CM2!
Élise Taillant et Soraya Arias
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Dernière modification : juillet 2015.
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