Méthodologie de la médiation . Article ou présentation

Quelques principes d’une bonne médiation scientifique

L’expérience acquise en médiation par d’autres disciplines scientifiques, comme par exemple la médecine, montre que pour être valide, fiable, bien acceptée et répondre au principe « du devoir d’agrandir l’autre », développé par le philosophe Michel Serres, la médiation doit suivre deux principes intangibles :

  • le principe de transparence, qui écarte le sentiment d’être trompé,
  • le principe de compétence  qui doit permettre aux auditeurs de dépasser leurs connaissances, acquises grâce à Internet notamment.

La médiation s’appuie sur une popularisation des connaissances qui consiste à les présenter sous une forme que le public pourra s’approprier. Il est donc nécessaire de retravailler la matière scientifique de sorte qu’elle soit adaptée au niveau de connaissance préalable du public auquel on s’adresse : s’appuyer sur des métaphores pertinentes issues du quotidien et des activités permettant d’approcher de façon ludique des mécanismes algorithmiques, structurer la connaissance sous forme de grains modulaires, faciles à s’approprier, et établir des parcours reliant les grains, mettre en avant la contribution à l’avancée des connaissances et pas seulement les applications, etc. L’informatique se prête avantageusement à la médiation participative pour expliquer certains concepts et permettre, par exemple avec la programmation, de faire le lien direct entre théorie et pratique. D’une façon générale, quel que soit le public visé, la médiation qui requiert la présence du chercheur reste avant tout un exercice participatif.

Une partie de la médiation s’appuie également sur le principe de l’éducation populaire qui donne à chacun la volonté et la capacité de progresser, à tous âges de la vie, notamment par le partage des connaissances. On apprend en interagissant et en rediffusant. C’est une voie de diffusion dans le tissu social. Le FabLab est un lieu où cette transmission des connaissances peut se mener.

La médiation doit enfin fournir les éléments et les clés d’une réflexion sur des problématiques de science et de société. L’implication des sciences du numérique dans les grands défis sociétaux (environnement, santé, régulation financière, vie privée, etc.) nécessite de fournir les connaissances nécessaires pour faire un choix éclairé mais aussi de rester à l’écoute de la société sur les choix stratégiques à déterminer. Cela concerne des sujets tels que les RFID, les machines à voter, Hadopi, les réseaux d’écoute (Echelon, Prism, …), etc. La médiation scientifique doit faire émerger des consensus sur les limites et usages des avancées technologiques et plus que jamais faire fructifier les idées pour renouveler les conditions du débat dans l’espace public.

L’évaluation de la médiation est un outil qui permet de progresser collectivement, d’optimiser les ressources offertes et d’améliorer au fil du temps ce qui est proposé. Quand on s’adresse à un public de non-spécialiste, c’est en premier lieu au public considéré de juger de la qualité de la médiation et de la réponse qu’il apporte aux besoins exprimés.

Dernière modification : septembre 2014.
Partager:
    show post QRcode

    Vous pourriez aussi être intéressé-e-s par :
    …/…