Ressource
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«ressources : partage, répartition, distribution» un thème qui relie sciences du numérique et société.

©stjostlouissup.fr Une manip pour un TIPE au lycée de StJoStLouisSup

Ces quatre mots-clés forment donc le thème des travaux d’initiative personnelle encadrés que les futurs ingénieur-e-s vont réaliser cette année.

Bien entendu, au niveau des sciences informatiques et mathématiques, ces sciences qui ont fait le numérique, ces mots ont des sens précis, quoique très généraux. Ainsi la notion de ressource informatique désigne la totalité de ce qui peut être accédé numériquement.

Le mot URL (localisation universelle d’une ressource) est une adresse unique qui permet d’identifier chaque ressource (par exemple http://pixees.fr est l’adresse Web de l’espace de médiation scientifique où les étudiant-e-s peuvent venir chercher des ressources ou demander de l’aide personnalisée, ou mailto:fuscia-accueil@inria.fr est une adresse courrielle où ils peuvent directement écrire pour poser des questions). Mathématiquement on dit que c’est une injection : chaque adresse courrielle, par exemple, ne correspond qu’à un seul humain (ou à personne), chaque adresse Web à un seul site (ou à aucun). Donc quand vous désignez quelqu’un par son adresse courrielle, aucune ambiguïté. Informatiquement, ces URL correspondent à un petit langage formel, c’est à dire que chaque mot de cette phrase (par exemple https://fr.wikipedia.org/wiki/Travail_d’initiative_personnelle_encadré?action=render&printable=yes , essayez pour voir l’affichage du contenu de la page, prêt à être imprimé) a un sens. Ce langage formel se défini à partir d’expression régulières (ou expression rationnelle) qui est un bel objet formel. Étudier à fond ce langage n’est pas si simple, et c’est un beau défi de concevoir un partage entre des ressources (par exemple http://www.openstreetmap.org pour localiser, http://www.reador.net pour aider à découvrir des ressources, http://elgg.org pour utiliser un réseau social libre et ouvert) pour permettre la distribution de nouveaux services numériques qui se présentent comme une répartition de fonctionnalités.
Ce quatuor de mots-clés est d’une très grande richesse. Quand on pense aux ressources naturelles la gestion durable du patrimoine que la nature nous laisse en héritage conduit à construire des modèles à plusieurs échelles (de temps, d’espace ou de détails) afin d’étudier et comprendre les phénomènes, mais aussi simuler ce qui pourrait se passer afin de prévoir et concevoir des solutions aux grands défis qui sont devant nous aujourd’hui. La gestion de la consommation de ressources naturelles liées à l’informatique elle-même (on parle de GreenIT ou d’informatique verte) est  en soi un enjeu, car c’est devenu un secteur très gourmand. On pourra aussi étudier des sujets liés à la santé et au bien-être des personnes usuelles ou à particularité, des ressources spécifiques sont à mettre en partage pour que le quotidien de chacun soit équitable, et étudier scientifiquement ces sujets est un gage de bons résultats, mais aussi d’objectivité. Et si on se tourne vers des choses plus humaines, alors l’étude sociologique des groupes humains dans leurs comportements numériques ou physiques, par exemple la façon dont ils partagent leurs ressources immatérielles ou matérielles, la façon dont est décidée la répartition de ce qui devient richesse dès que cela est monnayé est une autre
famille de sujets.
Ce qui a changé avec le numérique est triple. Les comportements numériques (sur un réseau social, par exemple) sont suffisamment rudimentaires et formalisés, par rapport aux comportements présentiels, pour pouvoir être relativement facilement formalisés et modélisés de manière efficace. L’accès aux données et à des données massives inouïes permet d’étudier des phénomènes humains à des échelles fascinantes (par exemple, la propagation d’une rumeur à travers un milliards d’humain sur facebook). Enfin, une grande partie des civilisations les plus variées du monde (en tout cas des pays qui sont suffisamment sortis de la misère pour disposer d’objets numériques) est présente pour donner une vue presque complète du fragile village humain qu’est devenu notre planète connectée par Internet. Sciences du numériques et sciences humaines sont désormais associées pour traiter ces données fluctuantes (ce sont souvent des données immédiates valables sur une courte période de temps), hétérogènes (cela va de données très structurées à des vidéos dont on extrait juste quelques traits), massives, avec des mécanismes automatiques (impossible de traiter à la main ces données, ces algorithmes dit de machine-learning travaillent en aveugle à partir de modèles en lien avec les statistiques). On parle de « big-data » pour désigner cela. Qui possède ces données (donc les partage ou pas) a un pouvoir équivalent à qui possède les sources d’énergie naturelles (par exemple de gaz). Comment la distribution de ces données se fait (ouvertes à chacune et chacun, ou pas) est un enjeu aussi important que celui de partager les mêmes droits et devoirs entre tous les citoyens. Impossible, ici, de séparer les enjeux de science des enjeux de société.
Quand on se retourne vers l’informatique, c’est donc avec des algorithmes que l’incommensurable océan d’informations dont regorge le Web va de plus en plus être manipulé, et pour cela les données vont devoir être mieux formalisées pour pouvoir être accessibles à ces machines qui calculent fabuleusement vite mais sont totalement dénuées de pensée. C’est le Web sémantique qui s’appuie sur la notion précise d’ontologie. Quand on descend un peu plus dans l’architecture des réseaux, la distribution des données numériques est un enjeu technique énorme (tiens ? pourquoi Internet ne tombe jamais en panne . . ou peut-être que si ?) mais aussi, nous le savons, un enjeu géopolitique majeur.
On est donc devant une thématique qui peut dérouter. Dans presque tous les domaines d’intérêt, la notion de ressource, de partage, … est présente. À chaque fois, on va chercher à modéliser et simuler le phénomène considéré. Pour essayer de faire au mieux. Et surtout, très vite, les enjeux sous-jacents ne sont pas que techniques, mais aussi humains. C’est ce qui est peut-être le plus formidable dans cet intitulé ! Nos futurs ingénieures et ingénieurs, vont être dès maintenant confrontés à un thème qui questionne sur les compétences techniques et scientifiques, mais aussi sur la responsabilité citoyenne de ceux qui feront avancer notre société.

Nous sommes là pour que toutes et tous ces jeunes accèdent de manière équitables aux ressources qui leur permettra de faire le meilleur travail souhaité.

Références:
– Sur : interstices.info : ressources-partage-repartition-distribution-tipe-2014-2015
– Sur scoop.it ; tipe-2014-2015-ressources-informatique-mathematiques

 

Martine et Valérie.

Dernière modification : novembre 2016.
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