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  2022, 05 Mai . Ressources à la une . Collège . Lycée . Interventions à la une . Enseignement supérieur . Parents . Métiers du numérique . Professeurs des écoles . Professeurs du secondaire . Ressources et supports scolaires . Vidéo . Bonne feuille

Une minute avec … Emmanuelle Saillard

Emmanuelle Saillard est Chargée de recherche au sein du Centre Inria de l’université de Bordeaux. Ses travaux de recherche s’orientent autour du HPC (calcul haute performance), et plus particulièrement sur le développement d’outils permettant d’aider les personnes qui créent des applications à les écrire de manière correcte et efficace. Rencontre avec cette jeune scientifique et explication de son parcours.

 

Bonjour Emmanuelle. Quand on est au collège ou encore lycée, on ne sait pas forcément vers quelles études et vers quel métier se tourner. De ton côté, est-ce que tu savais dès le plus jeune âge que tu voulais devenir chercheuse ?

« En classe de 4ème, j’avais une idée bien précise de ce que je voulais faire plus tard : professeure de mathématiques. C’était une évidence jusqu’à ce que j’arrive en classes préparatoires à Orléans. Je me suis alors rendue compte que cette voie royale, comme on me l’avait vendue, allait me former à passer des concours pour entrer dans une école d’ingénieurs. Seul problème : je ne souhaitais pas être ingénieure ! D’ailleurs, en deuxième année de classe préparatoire, je n’avais même plus envie d’être prof de maths ! Je prenais plaisir à m’amuser sur mon ordinateur, à utiliser des outils de bureautique, à faire un site internet à l’aide d’un logiciel : à faire de l’informatique tout simplement, ou du moins ce que je pensais être l’informatique. Sans vraiment savoir ce que je voulais faire, j’ai décidé de me réorienter et de partir à l’université pour faire une Licence mathématique et informatique à Paris puis un Master informatique à Versailles. »

Quand est-ce que tu as découvert le monde de la recherche ?

« C’est à l’université que j’ai découvert ce qu’était vraiment l’informatique, la programmation et également le monde de la recherche. Tout un univers s’est ouvert à moi et j’ai trouvé le métier parfait pour moi qui me permettrait de faire de l’enseignement, d’apprendre continuellement sur différents sujets, de ne pas faire la même chose tous les jours et surtout de voyager : chercheuse ! J’ai fait un stage facultatif en Master 1 avec un super professeur de programmation parallèle qui a tracé la suite de mon parcours. C’est d’ailleurs lui qui est devenu mon encadrant de thèse de 2012 à 2015. »

Du coup, tu as réalisé une thèse pendant 3 ans autour du HPC. Et après cette thèse, qu’est-ce que tu as fait ?

« Après ma thèse, je suis ensuite partie faire un postdoctorat à l’Université de Berkeley en collaboration avec le Lawrence Berkeley National Lab. Cette expérience m’a beaucoup appris sur le plan professionnel et personnel. Après un an sous le soleil de la Californie, je suis rentrée en France pour me rapprocher de mon conjoint qui habitait à Grenoble. J’y ai intégré une équipe-projet Inria et j’ai commencé à me renseigner sur les démarches pour devenir enseignante-chercheuse. Pour moi, il n’y avait que cette possibilité, je n’avais pas le niveau pour postuler chez Inria ou au CNRS. »

Mais tu as quand même passé les concours pour devenir chercheuse chez Inria ?

« Si je me suis retrouvée à Bordeaux, c’est grâce au soutien de mon directeur de thèse. Il m’a encouragée à postuler au concours de chargé(e) de recherche, là où d’autres ont essayé de m’en dissuader. Un de mes collègue à Grenoble m’a dit qu’il y avait des concours plus simples et que j’allais perdre mon temps. Sans vraiment y croire, j’ai quand même envoyé mon dossier et j’ai passé l’oral. L’après-midi de l’oral, je me rappelle avoir appuyé de nombreuses fois sur F5 jusqu’à voir apparaître mon nom en haut de la liste des admis. »

Et donc, tu es arrivée à Bordeaux en 2017 en tant que Chargée de recherche ! Mais du coup, à Bordeaux, tu fais uniquement de la recherche ?

« Non. A peine arrivée au sein du Centre Inria de l’université de Bordeaux, j’ai été plongée dans le monde de la médiation scientifique. J’adore faire des ateliers débranchés et aller à la rencontre des jeunes (et des moins jeunes). C’est toujours enrichissant ! Et un des points qui me tient à cœur lorsque je fais de la médiation est de casser les stéréotypes autour de la science et particulièrement l’informatique. Il y a encore trop de gens qui pensent que les chercheurs ressemblent tous à Doc (Retour vers le futur) et que les informaticiens sont tout le temps devant leur ordinateur à manger des chips et boire des sodas. D’ailleurs les scientifiques sont toujours des originaux à la télé alors que ce n’est pas la réalité. J’ai une amie qui n’en revenait pas que je puisse aller courir avec des collègues, elle m’a dit ‘’les geeks font du sport ?’’. »

Si tu pouvais, comme Doc que tu évoquais tout à l’heure, revenir dans le passé, quel serait le conseil que tu donnerais à la jeune toi en classe de 4ème ?

« Si je devais donner un seul conseil à la jeune moi, ce serait : ‘’Aie confiance en toi !‘’ »

 

Propos recueillis par Suzane Fleury, Chargée de médiation au Centre Inria de l’université de Bordeaux.

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Dernière modification : juin 2022.
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